Femmes de dictateurs
Cet article a été publié avant 2022, donc avant l'essor de l'IA générative. Certaines informations peuvent aujourd'hui être obsolètes. Les dessins et visuels d'époque présents ici ont été réalisés sans assistance de l'intelligence artificielle.
…est un ouvrage écrit par Diane Ducret, et cet ouvrage a déjà eu un certain succès commercial indéniable puisque le 2 est déjà sorti. Si cet ouvrage m’a attiré de prime abord, c’est probablement pour son titre avant tout, qui laisse entrevoir un univers riche, fascinant et troublant.
De quoi ça parle ?
Femmes de dictateur traite comme son nom l’indique, des femmes qui ont accompagné des dictateurs marquants du 20ème siècle. Des dictateurs comme Hitler, Staline, Mussolini ou Mao, mais aussi comme Ceaucescu, Lénine, Bokassa ou Salazar. Les femmes, quant à elles, n’ont pas forcément été des amantes ou des mariées, car parfois, à déterminer si l’acte a été commis, il est parfois impossible de le déterminer. Mais ce sont des femmes qui ont probablement joué un rôle déterminant dans l’entourage de ces dictateurs, au moins sentimentalement
La forme
Sur la forme, l’ouvrage commence de manière intéressante, en relatant des lettres adressées au plus fameux d’entre eux, Hitler. Évidemment, c’est dégoulinant de mièvrerie, ça satisfait un côté voyeur certain, et ça surprend toujours un peu. Mais passé les deux, trois premières lettres, on commence à paniquer, en espérant que le contenu global sera autre ; car effectivement, si cela peut paraître habile, ça devient rapidement chiant et inintéressant… et on est prêt à décrocher ! Mais ne le faites pas ! Il ne s’agit que d’une introduction pour essayer de nous faire comprendre l’ampleur de la puissance d’attraction qu’ont les dictateurs sur les foules, malgré leurs physiques souvent ingrats !
Passé ce préambule, qui aurait mérité d’être amputé au 2/3, on commence enfin… Mussolini !
Des relations tumultueuses
On découvre ainsi au fil des pages la vie tumultueuse de ces quelques hommes et femmes. Passion, trahison, viols et adultères se retrouvent chez les uns mais pas forcément chez les autres. Mais aussi de l’amour, évidemment. On peut rapidement découper en deux « familles » les dictateurs : les chauds lapins, Mussolini, Mao, Bokassa, qui collectionnent les aventures et en recherchent toujours plus. Si les autres les collectionnent aussi, c’est loin d’être leur préoccupation principale ! Salazar, Hitler, Lénine, Ceaucescu et Staline sont « sages ». Mais ce mot n’est probablement pas le plus approprié, car ils causeront (outre leurs massacres de masse pour certains) des suicides dans leurs entourages féminins, souvent motivés par le dépit, l’amour ou la folie… !
Si ces « maris » ou amants hors normes sont plutôt connus pour leur frasques, les femmes sont pas mal dans leur genre aussi ! Ingénues, innocentes, refusant de voir bien souvent des réalités abruptes et brutales. L’amour les rend aveugles et elles oublient qu’elles sont en train de donner beaucoup à un homme qui va aller bien plus loin qu’elles ne l’imaginent. Elles sont souvent indispensables à certains, même si ceux-ci ne s’en rendent pas compte pour autant. Certaines sont de véritables tutrices, et vont même former des hommes parfois mal dégrossis pour en faire des orateurs brillants et manipulateurs, leur donnant les clés de la compréhension des valeurs de la haute société, et ainsi du pouvoir. Point final pour en faire des foudre de guerre politique. Dans ces univers uniques et sordides, on peut distinguer aussi des femmes qui mènent leur vie de manière aussi directive et brutale que leur maris. Se vengeant à tour de bras et utilisant leur pouvoir pour parvenir à leurs fins sans aucun scrupule, se débarrassant de rivales ou rivaux encombrants, ou laissant libre cours à leur mégalomanie. Ces femmes-là se retrouveront en particulier dans l’environnement de Ceaucescu et de Mao.
L’écriture
Ce bouquin est simple et riche à lire, ce qui en fait clairement un point fort. Il est globalement bien documenté et apporte nombres anecdotes, et on a l’impression de presque lire le « Voici » des dictateurs. Il remplit donc ses promesses. On peut se demander parfois ce que viennent faire des histoires relativement « anodines » tel que celle de Salazar, où il ne se passe finalement pas grand chose, si on le compare aux passions violentes qui ont boursouflé les vies de ses coreligionnaires ! Pourtant le monde ne manque pas de dictateurs… Pourquoi pas Franco, par exemple ?! On croit ressentir donc un certain opportunisme de l’auteure sur le choix des dictateurs. Dans le sens où on peut penser que le choix s’est basé sur des personnages historiques dont la documentation était suffisamment riche pour pouvoir alimenter l’ouvrage. Critique au final difficilement recevable, car l’ouvrage ne se réclame pas d’études scientifiques, mais bel et bien d’un ouvrage de vulgarisation adressé au grand public. Et là aussi, il remplit sa mission de manière brillante, son succès ne se démentant pas.
Conclusion :
Rapide et facile à lire, agréable, riche en anecdotes, je n’aurais que tendance à le conseiller pour ceux que la folie humaine a toujours passionné !
Bonne lecture !